Organiser une classe virtuelle ne s’improvise pas...


Réflexions sur la formation à distance et ses bonnes pratiques...

Publié le 24 avril 2020. - Joëlle Létévé.


Organiser une classe virtuelle ne s’improvise pas ! Il ne s’agit pas d’une simple substitution d’environnement, si l’on souhaite dispenser une formation apprenante, un pléonasme me direz-vous ? et bien pas tout à fait...

Il faut donc penser ou repenser une formation en mode distanciel !


Partant de mon expérience et de mes réflexions personnelles, je vous propose
de faire un point sur le sujet en plusieurs articles :

1. Les spécificités d’une formation à distance : des constats

2. Une préparation et une conception pédagogiques spécifiques

3. L’animation à distance : des idées

1. Les spécificités d’une formation à distance : des constats


En effet, l’animation d’une classe virtuelle, ou d’une séance de formation en ligne si vous préférez, diffère d’une formation présentielle sur plusieurs points :


La difficulté des échanges

Échanges visuels, échanges kinesthésiques, échanges verbaux entre participants mais aussi entre formateur et participants sont limités, voire dans certains cas absents, selon la taille du groupe et les contraintes techniques (choix des outils utilisés). En mode présentation et/ou partage de documents par exemple, le formateur ne voit pas ou peu les participants et il ne peut, par conséquent, réagir aux signaux non-verbaux de doute, d’incompréhension, de décrochage... Selon l’outil de visioconférence retenu, la qualité de la connexion ou le choix des participants, il peut même n’avoir aucun contact visuel avec tout ou partie du groupe, pendant toute la séance… Par ailleurs, en plénière, l’entraide et les interactions spontanées entre participants sont impossibles et un participant ne peut donc s’appuyer sur « ses voisins de table » pour comprendre une consigne, raccrocher au discours ou obtenir un quelconque éclaircissement sans déranger la séance…


La fatigue cognitive et le maintien d’attention des participants

Avoir les yeux rivés sur un écran et être en écoute optimale pendant de longues minutes fatiguent et influent sur l’attention de chacun, sans compter sur la quasi-impossibilité de bouger, de s’exprimer gestuellement et d’échanger spontanément, activités qui aident à maintenir son implication et son attention.


Des interférences plus nombreuses dans la communication

L’environnement de chaque participant est différent, plus ou moins confortable, plus ou moins adapté à une séance à distance, et des éléments perturbants, propres à chaque participant, peuvent venir déformer ou affecter la réception et la compréhension de la communication : personnes qui circulent, interpellations diverses, téléphones, arrivée intempestive d’un livreur, d’un collègue ou de son manager, bruits extérieurs...


La juste gestion du temps

L’animation est plus lente, le formateur doit prendre plus de temps pour l’explicitation des consignes quand il s’agit d’inciter à des interactions, attendre la mise en action de TOUS les participants, réaliser des manipulations pour donner/reprendre le contrôle sur un document, afficher une activité collaborative, consulter le chat… Par ailleurs, le temps prévu pour la séance doit être respecté "à la minute près", au risque de perdre des participants ayant d’autres rendez-vous planifiés, mais aussi et surtout, au risque de perdre la possibilité d’évaluer et de consolider les acquis, ou plus simplement de conclure la séance dans de bonnes conditions…


Une organisation logistique préalable plus poussée

Il ne s’agit plus de passer un coup de fil pour confirmer une date et vérifier l’équipement d’une salle de formation, mais davantage de s’enquérir précisément des outils utilisables en fonction des contraintes client (outil de visioconférence, outils collaboratifs, pare-feu, exigences en terme de sécurité et d’habitudes…), de vérifier ou prévoir leur prise en main par les participants, et bien sûr, de les maîtriser soi-même s’ils sont imposés…


Des contraintes et aléas techniques bien réels

Inexpérience des modalités en distanciel des participants, manque de maîtrise des outils utilisés, "plantages" de connexion liés au problème de bandes passantes, de qualité des équipements utilisés (micro, caméra, ordinateur), d’incompréhension des consignes de connexion… Autant de difficultés techniques qui viennent perturber l’animation et qu’il s’agit de gérer au mieux pour le confort de tous.


Si j’ai abordé les problèmes techniques à la fin de ce premier article, ce n’est pas parce qu’ils sont moins importants - ils sont certes essentiels pour mener à bien une action de formation utile et stimulante -, mais simplement parce qu’ils sont souvent les mieux identifiés. Et, je voudrais remettre au centre de cette réflexion, notre préoccupation majeure qui, selon moi, doit être la nôtre, en tant que formateur, animateur ou facilitateur : transmettre et/ou faire émerger des savoirs chez nos participants en favorisant l’action, le plaisir et le partage.


N’hésitez pas à partager votre expérience ou à me faire part de vos commentaires.


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